Prix Gascon-Thomas 2000
Jean-Pierre Ronfard et Kenneth Welsh :
récipiendaires du Prix Gascon-Thomas 2000
Montréal, le 10 novembre 2000 – L’École nationale de théâtre (ÉNT) est fière d’annoncer que l'acteur, auteur et metteur en scène, Jean-Pierre Ronfard ainsi que le comédien Kenneth Welsh sont les récipiendaires du 10e Prix Gascon-Thomas.
Le Prix Gascon-Thomas a été créé en 1990 par le Bureau des gouverneurs de l’École afin de rendre hommage à des artistes et artisans ayant contribué de façon exceptionnelle à l’épanouissement du théâtre au Canada. Leur carrière sert d’exemple aux finissants qui s’apprêtent à faire le saut dans le milieu du théâtre professionnel. Ce prix porte le nom de deux fondateurs de l’École nationale de théâtre : Jean Gascon et Powys Thomas.
Jean-Pierre Ronfard
L'apport de Jean-Pierre Ronfard au théâtre québécois est incontestable. Son amour des mots et de l'aventure théâtrale, sa folie, sa rigueur, sa désinvolture et son intégrité sont des sources d'inspiration intarissables. On a qu'à évoquer son nom pour que nous viennent en vrac une foule d'images, de souvenirs, d'émotions, de bribes d'histoire, de sourires : Vie et Mort du roi Boiteux, Les Amours, le théâtre expérimental, Ha ! Ha !, Matines : Sade au petit déjeuner, les premières années de l'École, La Charge de l'orignal épormyable, Robert Gravel...
C'est avec le désir de faire du théâtre « à temps plein » et Maria Chapdelaine comme référence que l'homme de théâtre d'origine française arrive à Montréal en 1960. Il devient alors directeur de la section Interprétation française, poste qu'il occupe jusqu'en 1964. Jean-Pierre Ronfard œuvre ensuite à titre de secrétaire général du Théâtre du Nouveau Monde. Il fonde, en 1975, avec quelques comédiens, le Théâtre Expérimental de Montréal. En 1979, la compagnie est dissoute et il crée le Nouveau Théâtre Expérimental qu'il codirige toujours. Et il ne cesse jamais d'enseigner – entre autres parce qu'il s'agit là « d'une merveilleuse façon d'apprendre » – aux Conservatoires de Montréal et de Québec, à l'Option-théâtre du collège Lionel-Groulx, à l'UQAM et bien sûr à l'École nationale de théâtre « à cause d'un certain attachement sentimental à ces lieux qui [lui] sont familiers, à des gens [qu'il] aime bien ».
À la théoricienne Josette Féral qui le questionnait sur les conseils qu'il donnerait aux jeunes acteurs d'aujourd'hui qui se lancent dans le métier, il répondait : « Je leur dirais d'entrer dans une école. [...] J'ai pris très au sérieux mon rôle de directeur d'école, et je me suis posé beaucoup de questions [...] pour en arriver à une constatation assez simple : c'est que l'important d'une école, c'est le temps qu'on y passe [...] ces années-là au cours desquelles le comédien ne s'occupe que de l'art qu'il va pratiquer : il va voir des pièces de théâtre, entendre parler du théâtre, voir des gens qui font du théâtre. Cette immersion lui permet d'apprendre cette langue qu'est le théâtre, de vivre dans cette langue, comme on parle d'immersion linguistique. »
Que le Bureau des gouverneurs de l'ÉNT ait décidé de remettre ce prix honorifique et symbolique à Jean-Pierre Ronfard, le tout premier directeur de sa section Interprétation française, au moment où l'École célèbre son 40e anniversaire s'avère être une charmante coïncidence qui coule pourtant de source !
Kenneth Welsh
Kenneth Welsh (Acting, 1965) fait partie des premières générations d'acteurs diplômés de l'École nationale de théâtre. À lire son impressionnant curriculum vitæ on ne peut que constater à quel point il mène une carrière riche. Il est d'ailleurs considéré par ses pairs comme un artiste parmi les plus talentueux de sa génération. L'acteur compte plus de 30 films et 60 émissions de télévision à son actif dont Absolute Power, Legends of the Fall, Margaret's Museum, Twin Peaks et Hiroshima. Kenneth Welsh a eu l'occasion d'explorer le répertoire de Shakespeare à maintes reprises au Stratford Festival en Ontario et au Broadway Theatre à New York. En plus de mener une carrière prolifique aux États-Unis, l'acteur est également présent sur les scènes canadiennes où il privilégie les pièces portant sur l'histoire de notre pays.