Prix Gascon-Thomas 2010
Wajdi Mouawad et Judith Thompson :
Récipiendaires du prix Gascon-Thomas 2010
Montréal, le 19 octobre 2010 – Alors qu'elle célèbre son 50e anniversaire,
l'École nationale de théâtre (ÉNT) est heureuse d'annoncer que le Prix Gascon-Thomas 2010 est
décerné à deux de ses diplômés, soit à l'auteur, metteur en scène, comédien et directeur artistique
du Théâtre français du Centre national des arts Wajdi Mouawad, (Interprétation, 1991)
et à l'auteur dramatique, metteur en scène, scénariste, comédienne et professeur de théâtre
Judith Thompson (Acting, 1979). Ils recevront leur prix dans le cadre du lancement
du 50e anniversaire de l'ÉNT le mardi 2 novembre 2010 dans la Salle Ludger-Duvernay
du Monument-National. La remise se fera durant la seconde moitié de la cérémonie, soit
à 11 h 30, et en la présence d'anciens récipiendaires du prix Gascon-Thomas, dont Brigitte Haentjens,
Janine Sutto, Marcel Sabourin et Monique Mercure.
Le Prix Gascon-Thomas porte le nom de deux fondateurs de l'ÉNT,
Jean Gascon et Powys Thomas. Il a été créé en 1990 par
le Bureau des gouverneurs de l'École
afin de rendre hommage à des artistes et artisans ayant contribué de façon exceptionnelle à
l'épanouissement du théâtre et des arts connexes au Canada. Réelles sources d'inspiration,
les lauréats servent d'exemples aux étudiants qui se consacrent à l'apprentissage des divers
métiers du théâtre. Présidé par Tom Peacocke, le jury est composé de gouverneurs de l’École,
des directrices artistiques Denise Guilbault et Sherry Bie, du
directeur général Simon Brault et d'étudiants.
Wajdi Mouawad
Né au Liban en 1968, Wajdi Mouawad codirige sa première compagnie, Théâtre Ô Parleur, dès sa
sortie de l’École nationale de théâtre, avec la comédienne Isabelle Leblanc. En 2000,
il est sollicité pour prendre la direction artistique du Théâtre de Quat’Sous à Montréal
pendant quatre saisons. Il crée cinq ans plus tard les compagnies de création Abé Carré
Cé Carré avec Emmanuel Schwartz au Québec et Au Carré de l’Hypoténuse en France.
Au cours des quinze dernières années, Wajdi Mouawad s'est imposé au Canada autant qu'en France
par la vigueur de sa parole et la singulière netteté de son esthétique théâtrale. Mettant en
scène ses propres textes Littoral (1997), Willy Protagoras enfermé dans les toilettes (1998),
Rêves (2000), Incendies (2003), Forêts (2006), Seuls (2008) et Ciels (2009)
et [. .] (2011),
Wajdi Mouawad s'intéresse aussi à Shakespeare (Macbeth), Cervantès (Don Quichotte),
Irvine Welsh (Trainspotting), Sophocle (Les Troyennes), Frank Wedekind (Lulu le chant
souterrain), Pirandello (Six personnages en quête d'auteur), Tchekhov (Les Trois Sœurs),
Louise Bombardier (Ma mère chien)...
Depuis septembre 2007, il est directeur artistique du Théâtre français du Centre national des Arts
et, parallèlement, s'associe avec sa compagnie française en 2008 à l'Espace Malraux scène nationale
de Chambéry et de la Savoie. La même année, il joue lui-même dans Seuls au Festival d'Avignon.
Travaillant des deux côtés de l'Atlantique, il réunit autour de ses projets de nombreux
partenaires, acteurs, concepteurs et théâtres français et québécois. Il est en juillet
2009 l'artiste associé du Festival d'Avignon, où il crée son quatuor Le Sang des promesses,
composé de Littoral, Incendies, Forêts et Ciels. En 2010, Il a
joué dans Les Justes d'Albert Camus dans une mise en scène de Stanislas Nordey.
Wajdi Mouawad est, entre autres, Chevalier de l'Ordre national du Québec.
Judith Thompson
Née à Montréal, Judith Thompson est auteur dramatique, metteur en scène, scénariste,
comédienne et professeur de théâtre. C'est à l'École nationale de théâtre que cette diplômée en
Acting (programme d'Interprétation de la section anglaise) attrape la piqure de l'écriture,
dans un cours de jeu masqué où les étudiants doivent signer eux-mêmes le monologue que récite
leur personnage. Dans ses cours d'improvisation, la jeune femme développe l'embryon de ce
qui deviendra sa toute première pièce, The Crackwalker (1980).
Depuis, Judith Thompson a publié 15 pièces de théâtre, écrit deux scénarios, dont
Lost and Delirious (2001) réalisé par Léa Pool, et une douzaine de dramatiques
pour la radio. On lui doit également plusieurs chapitres de livres et des articles
sur le processus d’écriture dramatique et l'enseignement du théâtre. Reconnue pour
son théâtre exigeant qui donne une voix aux êtres marginaux, Mme Thompson a
récolté de nombreux honneurs : elle est deux fois récipiendaire du
Prix littéraire du Gouverneur général pour White Biting Dog en 1984
et The Other Side of the Dark en 1989. Elle est également lauréate du
Toronto Arts Award, du prix Nellie for Radio Drama, du prix Dora, du prix Chalmers, du
prix Susan Smith Blackburn pour la meilleure pièce de théâtre écrite en anglais par
une femme sur la scène internationale et du Prix Walter-Carsen d'excellence en
arts de la scène du Conseil des Arts du Canada. Judith Thompson vient d'être
nommée finaliste des Prix littéraires du Gouverneur général 2010.
Ses pièces de théâtre ont été montées et enseignées dans plusieurs langues à travers le monde.
Elle a reçu le Amnesty International Award for Freedom of Expression pour sa pièce
Palace of the End. En 2005, Judith Thompson est nommée officier de l'Ordre du Canada.
Mme Thompson est professeur titulaire à l'Université de Guelph et habite Toronto avec son mari
et ses cinq enfants.