- Le Monument-National dans la ville
- Une communauté en danger dans un monde en mutation
- Les premières années : Monument-National, terre d’accueil
- Le Monument-National et le mouvement des femmes
- Le Monument-National : terreau d’idées nouvelles et centre communautaire multiethnique
- Les scènes du Monument-National : innovations et avant-garde
- Éclectisme et succès populaires
- Le long naufrage du Monument-National
- Naître à nouveau, centenaire
2. Une communauté en danger dans un monde en mutation
Devant initialement être réalisée dans le Vieux-Montréal actuel, la construction du Monument-National débute en 1891 au cœur de la nouvelle ville. L’objectif est ambitieux. En plus de démontrer l’audace et la maîtrise technique des ingénieurs et architectes canadiens-français – non seulement il s’agit de l’un des plus grands bâtiments montréalais de la fin du XIXe siècle, c’est aussi le premier dont la structure est en acier –, le Monument-National se distingue aussi des autres grands édifices de l’époque, tous de style victorien, par son apparence et sa conception. Tant sa vaste salle que sa façade néo-renaissance témoignent de la volonté des concepteurs et des commanditaires de faire ce nouvel édifice un lieu unique à Montréal.
Le Monument-National fait partie d’un vaste projet, inachevé, de « boulevard National », véritables Champs-Élysées montréalais, qui devait relier la rue Saint-Denis au boulevard Saint-Laurent. À l’extrémité ouest se trouvait le Monument-National auquel devait faire face, à l’extrémité est, rue Saint-Denis, l’Opéra-National, qui n’a cependant jamais vu le jour.
Ce plan visait à consolider la présence française sur le boulevard Saint-Laurent et à bloquer l’extension de la ville anglaise à l’est de cet axe symbolique.