Pavillon St-Denis
Monument-National
Historique
Salle Ludger-Duvernay
Studio Hydro-Québec
La Balustrade
Salon rouge
Scène Financière Sun Life
Campus
  1. Le Monument-National dans la ville
  2. Une communauté en danger dans un monde en mutation
  3. Les premières années : Monument-National, terre d’accueil
  4. Le Monument-National et le mouvement des femmes
  5. Le Monument-National : terreau d’idées nouvelles et centre communautaire multiethnique
  6. Les scènes du Monument-National : innovations et avant-garde
  7. Éclectisme et succès populaires
  8. Le long naufrage du Monument-National
  9. Naître à nouveau, centenaire

8. Le long naufrage du Monument-National

Après la Deuxième Guerre mondiale, commence pour le Monument-National une longue phase de déclin. Le boulevard Saint-Laurent – ou «&nbnsp;la Main » – a mauvaise presse. La prostitution, les maisons de jeu ainsi que les trafics de toutes sortes rebutent les habitués du Monument qui lui préfèrent désormais les grandes salles de la rue Sainte-Catherine, plus sûres, plus confortables et plus modernes. Mais la mauvaise réputation du quartier n’est pas seule en cause. La guerre porte un coup presque fatal au théâtre juif qui disparaît en Europe et aux États-Unis. Les grandes productions yiddish se font de plus en plus rares au Québec comme ailleurs et ne se perpétuent plus que grâce à l’action de troupes d’amateurs, sans grands moyens.

L’époque est également difficile pour la Société Saint-Jean-Baptiste qui succède à l’Association Saint-Jean-Baptiste. La Société vit de graves problèmes financiers qui l’empêchent d’investir dans le bâtiment vieillissant les sommes considérables nécessaires à son entretien. Laissé à lui-même, le Monument se détériore rapidement. S’il accueille encore quelques grands noms de la scène internationale – Édith Piaf, Henri Salvador, les Compagnons de la chanson –, si le Théâtre du Rideau Vert ou des troupes plus éphémères comme le Théâtre-Club ou le Théâtre du Rire y produisent encore quelques spectacles mémorables, il n’est plus que l’ombre de lui-même. La grande époque du Monument-National semble bien révolue. Voué à une démolition qui semble inéluctable et qui s’inscrit bien dans les projets de rénovation urbaine des autorités municipales, il sombre dans l’oubli.

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