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Vie étudiante
: des ronds dans l'eau
par Lorraine Hébert
Ils
ont entre sept mois et quatre ans dÉcole dans le
corps au moment où les deux rencontres ont lieu, lune
après lautre, entre midi et 14 h 30, à lÉcole,
bien sûr. Cétait le 28 mars 2000. Encore dans
la vingtaine pour la plupart, des gars et des filles de première,
puis de quatrième année, en Interprétation,
en Production, en Écriture dramatique ou en Scénographie,
se prêtent volontiers au jeu de lentrevue collective.
Pour dire le trajet
qui les avait menés à lÉcole nationale
de théâtre (ÉNT) ; le rêve ou la passion
qui les poussait dans des métiers où gagner sa vie
nest pas évident ; la température quil
faisait en dedans et en dehors, au jour le jour, une fois plongés
dans la dure réalité de lapprentissage ou
sur le point de faire le grand saut dans le vide ; les moments
de grâce, de bonheur, et de déception aussi. En somme,
il sagissait dapprendre deux ce qui faisait
que lÉNT était lÉcole.

Erwin Weche et
sa collègue Sonia De Rome (élève
du programme d'Interprétation) lors des journées
de la culture en 1999.
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Doù viennent-ils
?
Pas de surprises vraiment.
La plupart dentre eux découvrent le théâtre
ou le monde des arts assez tôt dans leur vie. « À
sept ans je voulais être clown », rappelle en
souriant Kine Liholm Johannessen. « À la maternelle,
raconte Caroline Ferland, on faisait des animaux, de la peinture,
et jaimais ça : au cégep, je me suis retrouvée
à lOption-théâtre parce que je navais
pas dargent pour macheter un saxophone. »
« Au primaire, enchaîne Julie Vallée-Léger,
jétais dans une école alternative où
lon apprenait par projets, et cest ce plaisir-là
que je retrouve en scénographie à lÉcole. »
Erwin Weche avoue bien simplement : « Jai toujours
eu la passion du jeu et, dès la quatrième année
du primaire, jétais figurant dans une chorale. »
« Mon père étant comédien, dit
Stéphanie Capistran-Lalonde, jai été
dès mon jeune âge une spectatrice assidue, mais je
nétais pas du tout une enfant de coulisses.»
François Marceau, enfant, rêvait dêtre
un acteur, mais ajoute-t-il : «
Je doutais pouvoir arriver à surmonter ma grande
timidité et, heureusement, jai découvert dans
un cours de production au cégep quil y avait bien
dautres façons de faire du théâtre. »
« Adolescente,
explique Katerine Brochu, jai eu loccasion de toucher
au théâtre, puis la raison ma conduite en architecture
pour ensuite revenir aux sources, en scénographie, après
quelque sept ans dans la profession. »

François
Marceau (élève du programme de Production)
en compagnie de l'ancien directeur du programme de Production
(1996 à 2000), Pierre Phaneuf. Photo : Anastasia Kitsos.
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Vincent Bolduc, qui a connu très
jeune lexpérience de la télévision comme
comédien, commence à écrire des pièces
de théâtre à 17 ans : « Je savais
que, si je voulais continuer dans le métier, lécriture
dramatique mouvrirait bien des portes. »
Ce sont des souvenirs, des
plaisirs et des passions denfance qui les ont conduits,
directement ou après quelques détours, à
lÉcole nationale de théâtre. Sans trop
dobstacles dans leurs cas.
Pourquoi
celle-là plutôt quune autre ?

Stéphanie
Capistran-Lalonde (élève du programme de
Production) présente sa conception du théâtre
idéal à son collègue Alexandre Tougas
(Production 2000). Photo : Anastasia Kitsos.
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Parce que cette école
nest pas comme les autres, disent-ils, et pour différentes
raisons. Pour François Marceau, pas de notes, pas dexamens
comme dans un cégep où le cadre académique
ne lui convenait pas du tout. Pour Vincent Bolduc, cest
la possibilité de toucher à tous les métiers
de la scène : « Comme auteur, je savais que jallais être parmi des
comédiens, des techniciens, des scénographes et
que ce que jallais écrire serait lu, joué,
monté, présenté : lécriture,
ça peut devenir tellement abstrait. »
Stéphanie Capistran-Lalonde, elle aussi voulait avoir accès
à tous les métiers de la scène :
« Jai choisi daller en production parce
que ça me donne loccasion de tout voir, de tout faire.
Je veux être proche de lauteur et de lacteur,
la mise en scène mintéresse. »
Erwin Weche et Annick Bourassa samusent à
rappeler les mythes entourant lÉcole : « Cest
cette école-là qui flotte quelque part sur la rue
Saint-Denis ? »
« Dans cette école,
il ny a que des êtres exceptionnels, la crème
de la crème, ny entre pas nimporte qui
en tout cas ! ».
Geoffrey Gaquere, outre de vouloir se casser de chez lui, avait
eu la chance de voir au Festival des Premières Rencontres,
à Bruxelles, les finissants de lÉNT dans Voyage
au bout de la nuit mis en scène par Wajdi Mouawad
: « Si cétait
avec ce cur-là quon faisait le théâtre
là-bas, cest que je voulais. Après trois ans
de Conservatoire, à Bruxelles, jéprouvais
le besoin de pousser plus loin ma formation vocale et corporelle
et, comme acteur, dêtre dirigé par différents
metteurs en scène. »
Pour la Norvégienne Kine Liholm Johannessen, cétait
un besoin de liberté, lattrait de lAmérique
et lidée dêtre dans une école
de théâtre où lon enseignait tous les
métiers de la scène.

Kine
Liholm Johannessen (Scénographie, 2000). Photo : Maxime Côté.
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Un
jour tu entres
Ceux qui viennent dentrer
ne retrouvent pas tous, et pas tout à fait, lÉcole
quils avaient imaginée. Erwin Weche se lance le premier
:« On mavait
dit que cétait une école de fuckés,
aux cheveux de toutes les couleurs, qui souffraient beaucoup
Cest vraiment pas le cas ! Cest pas si cool
que ça : pour devenir acteur, il faut travailler aussi
fort que dans nimporte quelle autre discipline. Une fois
que tu as pris lhabitude de lentraînement, tu
nas plus le temps de penser au rêve que tu avais en
arrivant. » Julie
Vallée-Léger prend le relais : « Moi,
je croyais que cétait une école bilingue,
mais à la cafétéria il y a vraiment deux
espaces délimités par le mur qui sépare lancien
édifice de lannexe : les Anglais sont dun côté
et les Français de lautre. Cest dommage quon
ne se mêle pas davantage, nous aurions tellement de choses
à nous apporter mutuellement. »
« Je ne sais pas
si vous êtes comme moi, lance Vincent Bolduc, mais je nai
jamais autant rushé
sur largent que depuis que je suis ici : je ne peux pas
prendre des contrats de traduction, jai trop de travail.
Mais bon
»
Pas de place pour les amours,
donc ? La question fait plouc
puis Stéphanie Capistran-Lalonde
la fait rebondir : « Ici, cest pas la vie. Cest
la vie de lÉcole ! On est comme dans une double vie.
On na pas le même rythme que nos amis de lextérieur,
et cest difficile pour eux de comprendre que tu ne veux
rien manquer : ce qui fait que tu déjeunes, soupes, prends
ta douche à lÉcole ; tu pars tard le soir
et, le lendemain, tu es là à huit heures. La journée
recommence aussi intense que la veille. » Et de conclure
Erwin Weche : « On a des sacrifices à faire,
et il faut en être conscient pour réussir à
passer au travers. »
le
lendemain tu obtiens ton diplôme
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Vincent Bolduc (élève
du programme d'Écriture dramatique). Photo : Maxime Côté.
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Même si trois ou quatre
ans à lÉcole ça passe très vite,
les finissants ne cachent pas leur impatience de quitter le « couvent
». Ils disent avoir fait
leur temps, se sentir prêts à voler de leurs propres
ailes, même si cette nouvelle vie leur fait peur, dans certains
cas très peur. Dans leurs façons de parler de lÉcole,
de ce quils y ont appris, de ce quils en retirent,
se distinguent des personnalités affirmées, des
individualités franches, des manières différentes
de penser le métier et denvisager lavenir.
Cest lenvie de travailler avec des comédiens
de tout âge, daller explorer du côté
de lopéra, de la danse, du cinéma ou du cirque
; cest la curiosité de voir ce quils feront
comme choix, une fois libres de faire et daller où
ils veulent, ce quils seront devenus dans 25 ans. Pour chacun
deux le rêve ou la passion semble déjà
avoir trouvé une forme : la création surtout, les
textes du grand répertoire sans hésitation, le travail
déquipe absolument et, dans le cas des deux élèves
étrangers autour de la table : sinstaller pour de
bon à Montréal et obtenir, quel quen soit
le prix et les dédales administratifs à parcourir,
leurs papiers dimmigration.
Ce
quon y apprend
Entre la première
année et la dernière, ils ont appris lessentiel,
disent-ils : « À
se respecter soi-même, à senrichir de tout
le monde, à prendre sa place et à se responsabiliser. »
Ils parlent aussi de cette confiance en soi quils ont gagnée,
parce que constamment confrontés à eux-mêmes
et à un éventail impressionnant de savoir-faire,
de méthodes de travail, de sensibilités artistiques.
Geoffrey Gaquere sent tout
de même le besoin de préciser : « À
lÉcole, il faut savoir ce quon veut, être
capable de demander et de prendre sa formation en mains si on
désire vraiment en profiter au maximum »
« Quand cétait
difficile, avoue Caroline Ferland, il marrivait de penser
que je nétais pas à ma place, que javais
perdu la passion : heureusement quil y a ta petite voix
intérieure pour te rassurer. »
Kine Liholm Johannessen renchérit : « On vit souvent des situations extrêmes qui font que tu peux
te mettre à pleurer parce que tu as perdu ton crayon à
mine. Cest ridicule, mais cest ça lÉcole
! Tu es toujours obligée de te poser la question du pourquoi
tu es là, pourquoi tu veux faire ce métier-là. »

Geoffrey
Gaquere (Interprétation, 2000) dans L'Émission
de télévision présenté
au Monument-National en novembre 1999. Photo : Maxime Côté.
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Même si au passage,
ils se permettent dêtre critiques par rapport à
un cours, à un type particulier dentraînement,
à la pression institutionnelle quils vivent la dernière
année avec les productions publiques, ce quils retiennent
de leur formation à lÉNT prend, au détour
de la conversation, des formulations étonnantes : « Jai
appris le courage dêtre humain »,
dit Geoffrey Gaquere. « Moi,
le droit et la capacité de faire des choix alors que durant
toute la première année, javais le sentiment
dêtre un imposteur, quils avaient fait une erreur
en me choisissant »,
enchaîne Annick Bourassa. « Je
sais désormais très clairement, ajoute Caroline
Ferland, pourquoi jai choisi de faire ce métier-là :
cest le travail déquipe au théâtre
qui mintéresse et cest cela que je vais rechercher
dans le métier, même si je sais que ce nest
pas toujours évident. »
Des
moments de grâce et de bonheur
Quils soient en première
ou en quatrième année, ils en reviennent tous à
« lexercice
densemble »
qui, au début de la deuxième session, ranime la
passion quelque peu éreintée par les premiers mois
dadaptation, plus difficiles encore à traverser pour
ceux qui viennent de létranger et qui doivent amortir
un double choc culturel : lÉcole et Montréal.

Julie
Vallée-Léger (élève du programme
de Scénographie) pose pour Le Devoir, à
l'occasion de la troisième édition des Journées
de la culture en 1999. Photo : Jacques Grenier.
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Pendant trois semaines,
lÉcole se transforme en un vrai lieu de création
: on met lapprentissage de côté pour faire
quelque chose de ses propres mains, de A à Z, dans une
sorte danarchie organisée, puisque personne nest
là pour diriger. Cest la vie dans une troupe de théâtre
où tout le monde travaille en collaboration étroite,
sans rapport hiérarchique. Cest après coup,
quils constatent avoir appris autant : pas évident
de mémoriser un texte et de le jouer quand on sait quon
ne sera jamais comédien ou, à linverse pour
un comédien, davoir à manipuler et régler
des éclairages ou encore, pour un auteur, dêtre
responsable de lorganisation du travail des équipes
et du bon déroulement de lensemble des opérations.
Au terme de cette première vraie expérience théâtrale,
ils disent ne plus voir le métier des autres de la même
manière et avoir compris la magie du théâtre
: sa dimension collective. Erwin Weche résume : « On a appris le respect de lautre. »
Pour plusieurs, ce fut leur véritable initiation, le moment
de passage qui fait quon se sent appartenir à un
groupe et quon a envie de continuer, malgré lexigence
et le doute qui sest installé à demeure. Cest
le métier qui commence à rentrer
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Annick Bourassa ( Interprétation
2000) - au fond à droite- et ses collègues
Marcelo Arroyo, Catherine Hamann et Catherine Florent. Photo : Maxime Côté.
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Un autre moment de bonheur
dont parlent les deux groupes, cest le cours de questions
animé par le directeur du programme dInterprétation
et metteur en scène, André Brassard.
« Un jour, il est arrivé avec Le
Funambule, un texte de Genest quil aime vraiment
beaucoup, il nous en a fait la lecture, comme ça simplement,
puis on en a discuté »,
rappelle Geoffrey Gaquere. « Il
a une façon danimer, ajoute Annick Bourassa, de venir
nous chercher, de faire que tout le monde finit par prendre la
parole, sans peur dêtre jugé. Il nous bouscule
dans nos préjugés, nous fait voir les choses dun
autre point de vue : cest un grand philosophe, André !
« Dans notre classe,
se rappelle François Marceau, nous avons eu à nous
prononcer sur la polémique déclenchée par
Wajdi Mouawad qui dans son mot du metteur en scène dans
un programme du TNM prenait sérieusement à parti
les commanditaires. Une autre fois, cétait sur la
peine de mort, une autre fois encore, sur les relations entre
les hommes et les femmes, le sexisme. »
« À lÉcole,
sempresse de dire Caroline Ferland, on apprend à
penser, à discuter, à sexprimer, et à
écouter : ce cours-là en est un bel exemple. »
Les
beaux souvenirs
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Caroline Ferland (Production,
2000) et son collègue Philippe Gaudreaul en montage
au Monument-National. Photo : Maxime Côté.
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Lun des beaux moments
que Caroline Ferland garde en mémoire est la réalisation
du projet de synthèse que les élèves du programme
de Production doivent réaliser ensemble en deuxième
année. La magie a opéré, dit-elle : « Il
faut dire que jappréhendais cette étape de
passage, déjà en première année :
cest aussi exigeant que le concours dentrée,
mais là il faut y aller avec les connaissances quon
a acquises. Comme nous étions une classe très unie,
nous avons travaillé dans un climat de complicité
et dentraide incroyable, tout le temps : nous étions
vraiment fiers de présenter ce que nous avions réalisé
autour de Roméo et Juliette
devant nos confrères de troisième année du
programme de Production. Après la présentation,
ils sont revenus avec une caisse de bières : cest
un des beaux rituels de lÉcole. Pour
Kine Liholm Johannessen, cest au moment où les comédiens
du Roi Lear
sont venus saluer pour la dernière fois sur le grand plateau
du Monument-National : « Jétais au balcon,
les larmes coulaient, javais franchi toutes les étapes
de la production depuis la première lecture jusquà
la dernière représentation avec tout le monde, et
personne nétait tombé dans le décor,
il ny avait pas eu de bris. Je terminais un cycle de vie,
puisque cétait mon dernier exercice à lÉcole
; je vivais là mon vrai party
de graduation. » Au
tour dAnnick Bourassa de rappeler le plaisir constant de
participer à la création des textes des auteurs
de sa classe et le bonheur fou quelle a éprouvé
plusieurs soirs daffilée à séclater
complètement dans le personnage de Colombine avec, comme
partenaire, Geoffrey Gaquere dans le rôle dArlequin.
Ce dernier passe en revue les auteurs quil a aimé
travailler comme comédien : Claudel, Shakespeare, Racine,
Tchekhov, en y associant chaque fois le nom dun metteur
en scène précis. Cétait surtout cela
quil était venu chercher à lÉcole
: être confronté à des grandes uvres
du répertoire et à des directeurs dacteurs
aussi différents dans leur conception du théâtre
et leur approche du jeu.
Trouver sa famille

Katerine
Brochu (élève du programme de Scénographie).
Photo : Maxime Côté.
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Au-delà et pour
tous, il y a la dimension humaine de lÉcole
qui fait quon sy attache, quon bûche comme
des brutes, quon est heureux dy vivre et, en bout
de piste, quon est bien outillés pour en sortir.
Ils parlent du personnel de lÉNT qui, quelle que
soit dailleurs la fonction de lun ou lautre,
est toujours prêt à les aider, intéressé
par ce qui leur arrive, par ce quils sont et ce, sans complaisance
ni attitude paternaliste.
Ceux qui sont sur le
point de terminer leur formation se voient très bien revenir
à lÉcole pour y enseigner. Un jour peut-être.
Pour le moment, ils éprouvent le besoin dêtre
confrontés à la vraie vie, à la liberté
dêtre enfin eux-mêmes complètement. Prêts
à faire le grand saut ? À en juger par leurs réponses,
ils ont trouvé la liberté de ceux qui cherchent
et doutent avec assurance. Quant
aux autres qui allaient se retrouver en deuxième année
à lautomne, ils semblaient déjà bien
accrochés à la famille et à la réalité
de lÉcole qui peut parfois être très
éprouvante. En cours dentrevue, ils ont à
plusieurs reprises fait allusion à lun des moments
les plus épouvantables à vivre. Pour finir par comprendre
quil sagissait du soir où sont affichés
les résultats du stage intensif suivi par une trentaine
de candidats au programme dInterprétation, chaque
année en mai, où tous les élèves de
lÉcole sont là pour accueillir ceux qui ont
été retenus et consoler les autres qui pleurent,
sévanouissent, etc.
Décidément
pour franchir les grandes portes de lÉcole nationale
de théâtre, il faut vouloir très fort, avoir
des nerfs dacier, du talent certes, mais plus encore : une
personnalité et une maturité exceptionnelles. Pour
Katerine Brochu, architecte dans une autre vie : « Cest
un luxe de pouvoir prendre trois ans de ma vie, à lâge
que jai, pour réaliser mon rêve : retrouver
le plaisir de créer des espaces éphémères,
à échelle humaine, loin du béton à
couler et des ingénieurs avec qui il faut discuter. »

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