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Vie étudiante : dessine-moi
une formation
par Diane Jean
La nouvelle sest répandue
comme une traînée de poudre : pour faire suite à
son projet pilote de formation en mise en scène en 1994-1996,
lÉcole nationale de théâtre (ÉNT)
donnait le coup denvoi à un programme permanent en
septembre 2001. Il apparaît effectivement important que
la vision théâtrale des metteurs en scène
puisse être développée dans le cadre dune
école dart ; et que la réflexion sur le jeu,
lespace, et la dramaturgie sy articule.
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Anne-Marie White. Photo : Maxime Côté.
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Cest ce que font présentement
Anne-Marie White, 30 ans, et Geneviève Lacharité-Blais,
24 ans, les deux premières élèves du programme
de Mise en scène. Ayant déjà un vif intérêt
et une certaine expérience du théâtre, préalables
indispensables, elles se retrouvent à suivre une formation
qui les invite à approfondir leur réflexion sur
ce métier complexe et exaltant. LÉcole leur
permet ainsi de développer leur pensée artistique,
de vérifier et de confronter leur vision et leurs idées
à celles de praticiens qui façonnent le théâtre
dici et dailleurs. Le contenu du programme, très
souple, leur propose en outre dacquérir de nouvelles
expériences et de parfaire leurs connaissances, selon un
horaire individuel conçu pour répondre à
leurs besoins spécifiques.
Titulaire dun baccalauréat
en théâtre de lUniversité dOttawa,
Anne-Marie White, originaire du Nouveau-Brunswick, nest
pas totalement novice en la matière. En 1994, elle sassocie
à lauteur Patrick Leroux afin de fonder le groupe
de création La Catapulte. Elle sait déjà
que la mise en scène est une discipline qui comble tous
ses vux : « Jaime travailler avec ce qui
constitue pour moi le plus beau matériau du monde, cest-à-dire
lêtre humain. Cest lélément
le plus complexe au monde et en même temps le plus merveilleux.
On dessine dans lespace avec les images, avec le son, avec
le texte, avec des instruments qui sont sublimes et sacrés. »
Lorsquelle prend connaissance du programme de Mise en scène,
elle y voit loccasion de se confronter concrètement
à dautres écoles de pensée, en plus
dy faire des rencontres significatives.
Geneviève Lacharité-Blais
termine un baccalauréat en théâtre à
lUQÀM, après un passage en droit à
lUniversité McGill, quand elle prend connaissance
de cette nouvelle opportunité. Sa première mise
en scène, conçue à lécole secondaire,
lui donne la piqûre. Elle crée ensuite diverses compagnies
; la dernière en date, le Théâtre Am Stram
Gram, fondé à lUQÀM avec sa collègue
Sophie Rouleau, existe toujours. La jeune metteure en scène
devait produire une nouvelle création en décembre
dernier, mais son entrée à lÉcole a
chamboulé ses plans. Cependant, ce quelle y apprend
lui est extrêmement précieux : « La directrice
du programme, Denise Guilbault, a vite cerné nos besoins
respectifs. Par exemple, elle ma proposé de faire
une mise en lecture, car cest un aspect du travail de mise
en scène que je navais jamais abordé. De plus,
comme je parlais sans cesse de mouvement, elle ma mise en
contact avec la chorégraphe Estelle Clareton, qui ma
guidée lors dun atelier dexploration. LÉcole
nous aide à trouver les moyens, les outils, les personnes-ressources
qui peuvent nous enrichir et nous orienter. »
Anne-Marie White constate également
la grande souplesse du programme, qui leur permet dexpérimenter
dans un contexte dapprentissage,sans aucune pression de
rentabilité et de perfection. « Ça facilite
les choses davoir un cadre comme celui-là, qui nous
permet notamment de diriger des comédiens professionnels,
de ne pas se soucier des budgets
Ça nous libère
lesprit et nous donne la chance de nous concentrer sur ce
que nous avons à faire. »
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Geneviève Lacharité-Blais.
Photo : Maxime Côté.
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Leurs pratiques antérieures diffèrent
: Anne-Marie sest toujours intéressée à
la création, tandis que Geneviève se frottait aux
grands textes. Elles expérimentent ici des voies contraires,
sans autres soucis que de cerner leur esthétisme et leur
façon dappréhender divers genres théâtraux,
dans un esprit douverture et daventure. Leur personnalité
propre saffine, mais elles ont tout de même eu certaines
envies et expériences communes cette année, comme
celles de travailler avec les metteurs en scène Brigitte
Haentjens et Wajdi Mouawad.
Le contexte de lÉcole accélère
leur évolution : « Notre travail de réflexion
est véritablement axé sur notre activité
de mise en scène, ce que je navais pas eu la chance
de faire auparavant », constate Geneviève Lacharité-Blais.
« Ça nous rend plus réceptifs, poursuit
Anne-Marie White. En salle de répétition, ça
me donne cette liberté de dire : il y a quelque chose qui
nest pas clair, on va trouver ensemble quel chemin prendre
pour y arriver. »
Ce quelles souhaitent avant toute
chose, cest tisser des liens, trouver un noyau de gens avec
qui elles poursuivront le travail amorcé, une famille artistique
en quelque sorte. Elles sont les pionnières dun nouveau
programme qui se définit et se parfait au fil des besoins
et des aventures de ces deux recrues. Anne-Marie White sempresse
de conclure : « Nous sommes des cobayes heureux ! »
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