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Vie étudiante :
le grand saut
par Sophie Legault
Depuis leur arrivée
à l'École nationale de théâtre (ÉNT),
ils explorent, répètent, conçoivent et triment
sans relâche. Pour les élèves de tous les
programmes, le défi que présente leur apprentissage
est parfois difficile, souvent stimulant et, surtout, très
prenant. Bien que l'organisation du travail s'apparente à
ce quils vivront au cours de leur carrière, ce nest
quune fois lancés quils goûteront les
saveurs de la vie professionnelle.
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Erwin Weche. Photo : Maxime Côté.
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Ils ont hâte. La motivation
est à son apogée, le cerveau bout, et les projets
nen peuvent plus dattendre. Au moment de l'entrevue,
les finissants sapprêtent à voler de leurs
propres ailes dans le monde du théâtre, des variétés,
de la télé, du cirque, bref, partout où ils
peuvent avoir la chance de faire leurs preuves. Pour eux, arriver
sur le marché du travail est à la fois excitant
et angoissant. S'il est plaisant de penser quon pourra pratiquer
son métier « officiellement », les
inquiétudes de linconnu les titillent un brin.
Armés de détermination et
de confiance en lavenir, ces finissants de lÉcole
se sentent prêts. Leur but premier : mettre à
profit les connaissances acquises au cours de ces trois ou quatre
années de formation.
Jeune comédien, Erwin Weche na
pas de projet théâtral particulier en tête :
il est ouvert à toutes les propositions. Sa devise :
écouter sa voix intérieure. Sarah Balleux, finissante
du programme de Scénographie, na pas encore terminé
sa dernière maquette quon lui offre déjà
une conception de costumes au Théâtre français
de Toronto. De son côté, Éric Lapointe, qui
sera diplômé du programme de Production, débarque
dans une branche où le manque de main-duvre
est criant ses soucis risquent plutôt de
porter sur la sélection des projets ! Pour Pascal
Chevarie, le saut donne moins le vertige, puisque la pièce
qu'il vient de terminer dans le cadre du programme d'Écriture
dramatique sera montée lautomne prochain par les
finissants de lÉcole.
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Pascal Chevarie. Photo : Maxime Côté.
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Leurs ambitions professionnelles immédiates ?
Faire des essais, toucher à différents aspects de
leur profession et réaliser leurs objectifs personnels.
« Le jeu mintéresse, mais je suis aussi
attiré par le coaching et lenseignement »,
confie Erwin. « Jaimerais beaucoup morienter
vers la conception de costumes », affirme pour sa part
Sarah. « Mon idéal serait dêtre
directeur technique dans une salle de spectacle et davoir
à gérer des espaces, des équipes et des équipements »,
poursuit Éric. « On développe une polyvalence
à lÉcole, ce qui fait qu'en plus de lécriture
je pourrai travailler dans dautres domaines, comme lenseignement »,
soutient Pascal.
Plus quune formation pratique, la
philosophie de lÉcole imprègne le discours
des finissants et se reflète dans la façon dont
ils envisagent leurs débuts sur le marché du travail.
« On apprend beaucoup en regardant les autres travailler »,
dit Sarah. « Je crois plus à léchange
quà la hiérarchie », renchérit
Pascal, en parlant du travail déquipe qui prime sur
le rayonnement personnel et le pouvoir.
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Éric Lapointe
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Éric nest pas effrayé
par ce qui lattend : « Je veux réaliser
les contrats un à la fois et aller au bout de moi-même. »
De son côté, Erwin sait que des embûches peuvent
se pointer en cours de route, mais il voit le tout avec sérénité.
« Si je suis honnête envers moi-même, je
sais que je vais me rendre où je veux, même si tout
ça est inconscient », précise-t-il.
Lucides quant aux exigences du métier
quils ont choisi, les quatre jeunes artistes sentendent
pour dire que leur passion pour le théâtre est leur
moteur, mais que la modération sera leur salut. Autrement
dit, ils grouillent denvie de bosser dans leur domaine,
mais rêvent aussi de voyager, de faire des gamins, davoir
une maison à la campagne, de passer du temps avec les amis
et... de prendre le temps de respirer ! « Cette
vie remplie et à contrats, on la choisie »,
fait pourtant remarquer Pascal. Mais « cest un
métier où il faut faire des choix »,
ajoute Erwin, pour qui la famille demeure une priorité.
Bien que leur talent soit leur plus fidèle
allié, les finissants ont la chance de se retrouver dans
une institution qui se soucie de leur insertion professionnelle :
leurs curriculum vitæ sont conçus, imprimés
et envoyés aux frais de l'École aux employeurs potentiels
(les listes d'envoi comprennent jusqu'à 300 organismes !);
les finissants du programme d'Interprétation participent
aux auditions du QuatSous; les textes des jeunes dramaturges
sont envoyés au Centre des auteurs dramatiques; sans compter
que lenseignement leur a été prodigué
par des praticiens du domaine. « À cause des
professeurs qui baignent dans le théâtre, le réseau
de contacts est très riche à lÉcole »,
reconnaît Sarah. De fait, même sils quittent
la famille de lÉNT, les finissants en retrouveront
une autre chaque fois quun nouveau projet se présentera
à eux. « Tout est basé sur des rencontres
et des relations humaines », conclut Pascal.
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Sarah Balleux. Photo : Maxime Côté.
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Loin dêtre aveuglés par
un ego « gonflé » ou des idéaux
de transformer le théâtre, les quatre diplômés
souhaitent avant tout sépanouir dans la vie comme
dans leur travail. Leurs plus belles récompenses demeurent
les félicitations du public après la représentation,
la satisfaction du travail accompli
et le sentiment davoir
fait du mieux quils le pouvaient !
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