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Les diplômés
: l'union fait la force
par Diane Jean
Lieu de réflexion,
de formation ou d'information, l'association des diplômés
qui verra bientôt le jour sera à l'image de ceux
qui s'y impliqueront. Certains souhaitent revoir des compagnons
de classe ; d'autres aimeraient échanger sur la pratique
théâtrale ou aider les nouveaux finissants. Voici
le témoignage de quatre diplômés qui se réjouissent
à cette idée
Pascale
Dénommée (Interprétation, 2002)
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Pascale Dénommée.
Photo : Maxime Côté.
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Fraîchement diplômée
du programme d'Interprétation, Pascale Dénommée
aurait bien aimé quon réponde aux multiples
questions, souvent dordre pratique, qui ont surgi alors
quelle était confrontée à certaines
réalités du métier de comédienne.
Embauchée par lÉcole afin de sonder les diplômés
sur léventuelle mise en place dune pareille
association, elle a rapidement remarqué lenthousiasme
des quelque 320 répondants (au moment d'écrire ces
lignes) vis-à-vis d'une telle proposition. « Ce
qui ma touché le plus en parlant aux gens, cest
quils demandaient si lassociation pouvait faire quelque
chose pour ceux qui sont encore à lÉcole.
Les gens qui sont passés par ici sont très soucieux
de lavenir de ceux qui sont étudiants maintenant. »
Elle croit que plusieurs diplômés, devenus des comédiens
dexpérience, sont intéressés au concept
de parrainage afin de répondre aux questions quun
finissant ne se pose que lorsquil est plongé dans
la réalité quotidienne du métier. Pascale
Dénommée exprime également un sentiment que
tous éprouvent : « Jai surtout besoin
dêtre encouragée, quon me dise que je
ne dois pas lâcher. Ce qui est extrêmement bénéfique
pour moi, c'est d'avoir parlé à toutes ces personnes
qui mont dit : "Bonne chance, ne perds pas confiance." »
Luc
Meloche (Interprétation, 1983)
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Luc Meloche
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Si le comédien, auteur
et metteur en scène Luc Meloche sest fait plus discret
sur nos scènes depuis quelques années, il na
jamais quitté le théâtre, et la destinée
de son alma mater le préoccupe. Comme beaucoup de
finissants de lÉNT, il a trouvé le passage
de lÉcole à la « vraie vie »
difficile. Il aurait aimé, à cette époque,
pouvoir en discuter ouvertement avec ceux qui étaient déjà
passés par là, lesquels auraient pu le conseiller
et lépauler. « Ce sont des métiers
de rencontres, de contacts. Ce qui ma manqué au début
de ma carrière, c'est la possibilité déchanger,
de poser des questions. » Lauteur et interprète
de Une carrière ou lamour à vie croit
quune telle association devrait fournir de linformation
aux finissants, sous plusieurs formes : il songe notamment
à la mise sur pied de conférences sur différents
aspects pratiques du métier de comédien, à
un bulletin dinformation qui aiderait à maintenir
des liens entre les diplômés et à en créer
avec les nouveaux
Il croit surtout que des rencontres ponctuelles
peuvent contribuer à maintenir le feu sacré, mais
aussi aider concrètement un artiste à surmonter
ses périodes de découragement. « Ce serait
probablement le plus beau mandat dont une telle association pourrait
se doter : celui de briser lisolement des artistes
de théâtre en leur permettant dexprimer leurs
idées sur le métier. »
Jean
Bard (Scénographie, 1985)
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Luc Meloche
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Jean Bard est très actif
sur les scènes théâtrales montréalaises,
ce qui ne lempêche pas davoir envie de simpliquer
dans cette association au meilleur de ses possibilités.
Le scénographe, dont on peut voir le travail autant à
lEspace GO quau Théâtre de QuatSous
ou au Théâtre dAujourdhui, a envie daider
concrètement les jeunes finissants, surtout ceux qui se
regroupent afin de créer leurs propres spectacles et de
trouver un langage théâtral qui leur est propre.
Il constate que ces jeunes professionnels sont peu soutenus financièrement
par les programmes gouvernementaux. « Jaimerais
quon réfléchisse ensemble à des moyens
concrets daide. Quon établisse des ateliers
de discussion sur létat du théâtre actuel,
quon sinterroge sur la pratique théâtrale,
sur les conditions de travail de chacun. Ces réflexions
devraient déboucher sur des prises de positions concrètes. »
Jean Bard embauche régulièrement ses assistants
parmi les finissants du programme de Scénographie de lÉcole.
Il voit donc dun très bon il la mise sur pied
de parrainages. Il croit également que les diplômés
peuvent aider lÉcole, par exemple par le biais de
campagnes de souscription : « LÉcole
nationale de théâtre a peut-être aussi besoin
de ses anciens. » Jean Bard imagine cette future association
pas tant comme un cercle social que comme une tribune vouée
à lamélioration des conditions de vie des
artistes et de lensemble du milieu théâtral.
Dominique
Pétin (Interprétation, 1984)
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Dominique Pétin
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Après sa formation, la comédienne
Dominique Pétin sest éloignée graduellement
de lÉcole sans réellement sen rendre
compte. Mais depuis quelques années elle y revient :
en aidant de jeunes candidats à préparer leur audition
et en allant voir les spectacles des finissants. Elle a aussi
enseigné à lÉcole l'an dernier :
« Je suis de plus en plus fière davoir
été étudiante ici, dit-elle avec enthousiasme.
Je reviens aux sources, jai limpression de faire partie
dune famille artistique. » La comédienne,
qui interprète notamment Rubis dans la populaire émission
pour enfants Cornemuse, croit que se rassembler peut aider
et soutenir les gens qui connaissent des périodes moins
florissantes. « Quand on travaille, tout va bien, mais
quand on ne travaille pas, lénergie se perd. »
Avec une telle association, il faut aussi, estime-t-elle, prendre
fait et cause socialement, établir des forums, prendre
la parole sur des sujets qui touchent les artistes, également
citoyens du monde. Mais elle envisage aussi avec plaisir lidée
dune simple rencontre amicale de diplômés autour
dun verre. « Je nessaie pas de retrouver
ainsi ma jeunesse, je pense que lon peut samuser,
échanger dans la joie, sans tristesse. Ce nest pas
par nostalgie que jai envie de ces rencontres, cest
seulement afin quon se souvienne doù lon
vient. »
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